jeudi 30 octobre 2008

Ailes.

Il est relativement commun d'entendre parler des ailes des êtres humains.
Pure chimère, ils n'en sont pas moins bien présents dans l'imaginaire collectif, et ce à de multiples égards.
Ange ou démon, souvent les plumes blanches ou le cuir rapiécé sont de mise pour exprimer les aspects positifs ou négatifs d'une action, d'un comportement.

Puis, vient l'Amour. Le mythe d'Icare est plein de force, puisqu'il exprime qu'à trop se rapprocher du soleil, il finit par se brûler les ailes.
L'expression est lâchée. Se brûler les ailes.
Se donner de toute son âme, se lancer dans une histoire sans chercher à savoir comment, pourquoi ou pour combien de temps. Ne s'agit-il pas du propre des humains que de se jeter à corps perdu dans un projet, sans un regard pour ce qu'on laisse derrière soi?
Nous avons cette force en nous, tous, qui ne demande qu'à s'exprimer. Se surpasser au-delà de toutes limites pour voir aboutir ce dont on rêve. Et l'Amour n'est rien que le plus doux de tous les songes. Le plus fort, aussi.

Mais plus l'homme se laisse transcender par sa conviction de pouvoir voler, plus la chute est douloureuse. Des ailes, même après moultes vérifications, nous n'en avons pas, et nous n'en aurons probablement jamais. Dès lors, lorsqu'un objet se place immanquablement au travers de notre route, le retour à la réalité ne se fait pas sans heurts. Il faut accepter, souffrir, endurer. Certains le feront avec hargne, la rage au coeur qu'on aie brisé le monde idyllique qu'ils avaient bâti. D'autres feront mine que rien ne les atteint, laissant leurs sentiments s'effacer, prenant le risque que plus jamais ils ne s'expriment tant s'exposer à la douleur n'est plus dans leurs visées.




Parfois, on pourrait souhaiter être un ange auprès de ces âmes meurtries. Pas pour s'envoler, non, cela serait du plus mauvais goût. Certaines blessures prennent du temps à se refermer, et un mouvement trop rapide ne ferait que les rouvrir stupidement. Non, un ange, simplement, majestueux et inspirant le repos de l'âme... Un ange qui pourrait déployer ses ailes d'une blancheur parfaite et protéger celui qui souffre, celui qui pourrait profiter d'un cocon douillet pour se reconstruire.
Mais l'ange peut aussi être démon. S'il possède également des ailes, qui protègeront tout également, lui n'est pas vierge de toute arrière-pensée, et rien ne sera gratuit.

Subtil équilibre. Masques et gestes calculés ou candeur et dévotion sincère?

La question ne se pose pas. Nous ne sommes que des hommes, et il n'en est aucun pour être de ces extrêmes.

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