mardi 9 septembre 2008

Langueur

Ce soir, il écrit sans la moindre énergie. Son corps réclame le sommeil, et pourtant, il éprouve le besoin de coucher par écrit ce qu'il ressent, peut-être pour exorciser le malaise qu'il perçoit au plus profond de lui.

La fatigue est essentiellement physique, et largement compréhensible. Des jours comme ceux qu'il a vécu laissent des traces, et elles sont loin d'être incohérentes... Cependant, se mêle à cette saine dépense physique comme une sorte de langueur, de paresse de l'esprit qu'il ne peut s'empêcher de noter. Alors il prend sa plume virtuelle, et tente de placer les mots adéquats sur ses sensations, peut-être pour mieux les comprendre, et ainsi plus rapidement en faire son deuil.

Magie. Les derniers jours avaient les traits de la magie. Une ambiance toujours agréables, des rires et des sourires, et surtout un plein investissement du quotidien. Est-ce simplement la descente qui se montre difficile? Il n'a jamais eu de mal à revenir à la réalité, auparavant. Il ne voit pas pourquoi cela changerait. Serait-ce à cause de l'intensité de l'instant? A moins que ce ne soit le dur retour à ce qu'il aurait préféré oublier? Qui sait.

Et puis, il y a les faits. Son Espoir n'a plus la moindre raison d'être, il le sait et s'apprête à en oublier la teneur. Il ne peut faire autrement s'il désire n'entraver personne, il craint trop de gâcher des moments par sa simple présence, par les implications qu'elle engendre. Celui qui pense qu'un sentiment vrai triomphe toujours se trompe : la dualité impose la frustration, l'échec... La tristesse.
Cela, il doit encore s'y faire, même s'il ignore encore quelle sera sa méthode. S'éloigner de ce dont on désire plus que tout n'est pas chose aisée, surtout quand le Temps donne raison aux intuitions.
Pas un regard, pas un mot. Cruel peut-être, mais juste... Il ne pourra prétendre avoir été leurré. Tout était là, et il ne voulait le voir. Tant pis pour lui d'y avoir cru, envers et contre Tout.

Viennent enfin les grandes interrogations. Pour lui, le temps de l'action sonne à la porte, il lui faut prendre les devants et ne plus s'oublier dans l'instant. Faire face à ses choix, les transformer en une réalité qui lui convienne, voilà qui ne sera pas une mince affaire, et s'il s'en sent parfaitement capable et prêt, les doutes et peut-être l'appréhension se montrent des ennemis bien difficiles à affronter.

Etre un homme. Voilà ce qui pose problème. Pour le première fois, pleinement et définitivement, il doit abandonner les traits de l'enfance bien dissimulés pour la stature et la détermination de l'homme qu'il se doit de devenir. Le rêve de rester toujours petit est mort, enterré. Si cela ne l'attriste pas, cela le touche, forcément. La nostalgie et le regret de n'avoir pu profiter plus longtemps et plus intensément de l'Insouciance font leur apparition pour laisser un goût de cendre sur ses lèvres. Peut-être vient-elle de là, cette langueur traîtresse et assassine.

Néanmoins, il est prêt. Prêt à tout, comme à rien. L'existence suit son cours, et les trains en marche sont légions.

Reste à choisir le bon...

« Am-Stram-Gram...

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