Un.
L'esprit agité par une journée qui remplit, mais qui vide aussi. Dans les intervalles entre énergie et vacillement, un plaisir de se plonger dans le regard, de lire les étincelles et les sourires, pour doucement lâcher prise.
Les calculs et les stratégies sont progressivement laissés au porte-manteau. Ici, ils n'ont aucun intérêt et peuvent enfin laisser place à la paix et à la sérénité.
Une petite perplexité s'installe, pour être vite reléguée : la musique est sensée être son outil! Et pourtant ici, ce n'est pas à lui qu'elle parle, elle ne façonne pas mais elle enveloppe, et aide à lâcher prise. Paix, et sérénité.
Deux.
Un corps souvent oublié, véhicule plutôt qu'allié, qui s'éveille à l'idée qu'il aura, l'espace d'instants qui s'allongent, une place et une attention qu'il mérite sans l'obtenir trop souvent. Quel plaisir que d'offrir ! Corps s'éveille et ne se lasse pas, il pourrait continuer longtemps comme ça.
Quelques craquements, quelques grognements lui rappellent que les gestes n'ont pas été oubliés, mais trop peu souvent pratiqués. Une envie de faire perdurer, et surtout la rencontre d'un Autre, le plaisir d'une découverte où c'est lui, et seulement lui, qui a sa place.
Silence, esprit, les mains ressentent ! Elles s'attardent, et semblent bienvenues. Corps se demande, s'échauffe et s'étire par instinct. Pourtant, l'instant n'est pas propice ou plutôt, n'est pas encore venu.
Un sourire se dessine, esprit chuchote et corps s'accorde. Cette danse, si elle se termine, pourra-t-elle reprendre? Le temps est un vieil ami, laissons-le s'étirer.
Trois?
Quelque chose ouvre un oeil. Vieux dragon endormi ou chimère expliquant ce que corps et esprit ne sauraient être?
Devant ce repas auquel elle avait parfois songé à renoncer, âme s'éveille et sourit. La musique lui parle à elle, la guide sur un chemin où elle inspire doucement, et sourit.
Pas besoin de mots dans un regard, esprit, rappelle-toi, laisse-moi un peu de place. La soirée aurait pu être la tienne, mais j'ai bien envie de danser, ou de faire glisser nos doigts. Tu as cessé de calculer et tu fais bien, ton bruit m'empêche d'être.
Corps se rappelle, lui, mais tu me l'as rouillé, lâche prise, veux-tu?
Ne vois-tu pas, comme moi?
La douceur.
La force.
La Promesse?