jeudi 2 avril 2009

Volontés

C’est quoi, l’amour ?
Derrière cette vaste question, à moins qu’elle ne soit ridicule, se cache une discussion, longue mais infiniment trop courte. Et finalement, on peut penser qu’elle résume parfaitement c’est qu’est, ce que devrait être ou ce que je considère comme étant l’amour. Et si chacun rêve de trouver la réponse, personne ne la connaît. Alors finalement, quel est l’intérêt de chercher l’amour, ou d’y croire, si on sait pertinemment qu’on ne trouvera jamais une seule version qui mette tout le monde d’accord ? Doit-on avoir foi en l’amour, accepter son existence comme un fait sans jamais pouvoir l’établir et dès lors le rechercher toute sa vie ? Doit-on espérer profondément pouvoir le trouver un jour en étant intimement persuadé que ca n’arrivera pas ?
De nos jours, l’amour se résume principalement en une construction duale entre deux êtres qui acceptent profondément de se mentir pour construire un avenir commun. Est-on en droit de juger cette conception ? bien sûr. Faut-il absolument s’en éloigner, chercher autre chose, un amour plus vrai, partant du principe qu’on ne saura de toutes façons pas ce qu’on cherche et encore moins ce qu’on risque de trouver ? Non.
La longue discussion a dégagé quelques hypothèses, sur lesquelles il est bon de s’appesantir. L’amour vrai serait une construction dans le temps basée sur un coup de foudre dans l’instant. Il faudrait donc posséder d’une part un instinct suffisant pour ressentir ce sentiment inconnu avant même qu’il commence à exister, et ensuite avoir la force de le bâtir en évitant de se voiler la face sur la réalité et en s’éloignant d’une construction mentale d’une relation qui serait faussée par la volonté que l’on possède de la voir arriver à sa sublimation.
Une autre question se pose. L’amour doit-il être reconnu comme un sentiment exclusif entre deux personnes, ou comme la somme des sentiments éprouvés vis-à-vis d’un nombre variable de personnes permettant, dans leur ensemble, de combler l’intégralité des besoins, des envies et des manques d’un individu ? Chercher l’amour exclusif revient à se créer une image, souvent illusoire, d’un être parfait qui correspondrait parfaitement à ce que l’on recherche dans tous les domaines. Accepter le caractère fini d’une personne et chercher dans un groupe de gens tous les ingrédients nécessaires au bonheur, à l’amour en somme, revient à renoncer à un idéal de perfection pour une communauté qui serait à même de combler un individu.
Si le temps vient de prendre parti, de se dévoiler et de cesser d’exposer un dialogue qui aura noyé la majorité des lecteurs qui n’y verront que peu d’intérêt, il faut alors exprimer mon point de vue. J’aime au pluriel, profondément et viscéralement, mais il est une personne et une seule avec laquelle je suis intimement convaincu de pouvoir construire mon existence. Si cette individualité n’incarne pas à mon sens la perfection absolue, elle est néanmoins celle qui, de ma connaissance de moi-même, de l’intuition de mon évolution future, de ma connaissance d’elle-même et de l’intuition de son évolution future, représente tout ce que je souhaite au niveau de l’épanouissement de ce que je considère comme étant l’amour. Et au-delà du calcul, au-delà du concept-même de ce que je souhaite en termes de construction d’avenir, il y a cette base, viscéralement instinctive et profonde, qui me fait voir en elle tout ce que je souhaite de la personne avec qui je devrais partager une seconde, une minute ou l’ensemble de ma vie. Je ne l’ai pas choisi, j’ai essayé de m’en défaire, et pour autant, chacun de mes gestes ou des siens m’a semblé en parfaite concordance avec cette définition inexistante au demeurant de ce qu’est l’amour.
Dans quelle mesure ma volonté de faire de cette personne celle d’entre toutes pour laquelle j’éprouverais de l’amour a-t-elle joué? C'est un poison de chaque instant, une idée détestable de se dire que peut-être, les sentiments qu’elle éprouve ont pour source la décision que j’ai prise de la faire mienne. Incroyablement mauvaise aussi pour son propre égo que de se dire qu’on peut provoquer l’illusion de l’amour dans le cœur d’une personne à force de ténacité.
Et puis, il y a la foi. Cette foi irrationnelle dans un quelque chose qui ferait en sorte que notre connaissance restera toujours imparfaite et pareille à un panier percé dont le contenu peut s’échapper à cause d’une minuscule faille. Cette foi qui fait se dire que finalement, celle qui vous fait face est forte, et indépendante, et que vous ne pouvez avoir la prétention d’avoir provoqué quoi que ce soit auquel elle n’était pas déjà prédisposée, avant même de vous avoir rencontré.
L’amour est, et reste un mystère. Un sentiment complet néanmoins, ambigu, plein de ses aspects positifs comme négatifs, qui vous fait vivre un paradis mêlé aux enfers dans leur beauté égale.

Aimer, n’est-ce pas tout simplement vivre ?

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Oui aimer c'est tout simplement vivre, mais pas au point de se "perdre"
Ulla