Le temps s'effiloche lentement.
La musique rythme l'instant, le partage se fait doucement, la complicité du Deux accueille le Trois.
Ils sont hors du monde, dans un espace où nul ne pourrait les atteindre...
En un lieu où seul le Vent a voix au chapitre, rappelant aux rêveurs leur chair et leur sang.
Les notes se succèdent au détour des volutes de fumée, et la nuit prend les couleurs des joies et des peines que d'autres ont écrit.
Il n'est rien d'autre que la paix, la plénitude, émaillées de rires et de souvenirs qui offrent une teinte particulière aux mots repris en rythme.
Et pourtant il n'est pas un instant sans qu'il ne pense. Pas un instant où son regard ne reste attentif, hors de la sphère, aux petits détails qu'il espère sans se permettre d'y croire. La magie de l'instant, il ne pourra en jouir pleinement, son âme errant ailleurs, en des lieux interdits.
Fatalité, Destin... De grands mots vides de sens.
Il ne s'agit que de la vie, belle dans sa cruauté, fragile dans sa force, pleine de ses méandres qui la rendent unique. Une vie merveilleuse, où il n'est qu'une seule chose qu'on ne pourra lui ôter :
l'Espoir.
Il est des gens pour croire qu'il est cruel, sans pitié. Il broie les coeurs, annihile les volontés, détruit tout sur son passage, même ceux qui pensent pouvoir lui résister. Il n'est rien moins qu'un poison, une petite mort qui ne peut que se révéler fatale lorsqu'il se voit déçu.
A moins que? Contre vents et marées, il s'offre le luxe d'espérer. Finalement, l'espoir, n'est-ce pas aussi accepter ce qui est, et prendre le parti de ce qui sera?
Un espoir vrai ne se révèle que lorsque plus rien ne l'alimente, que plus aucun doute n'est permis. Il est là, faible, prêt à s'éteindre, et pourtant son coeur bat, non de la joie de la victoire, mais de cette force qui émane de l'autre, de cette impossibilité qui un jour, peut-être...
Peut-être a-t-il réussi à la toucher. Du bout des doigts. Comme une caresse diaphane, que l'on oublie un temps. Et qui renaît plus forte sans crier gare.
Peut-être. Mais peut-être pas. Et dans ce cas, il n'y aura pas de scandale, pas de cri. Un peu de détresse, des mots maladroits, des gestes qu'on regrettera de n'avoir pas posé.
Les sentiments négatifs n'ont pas cours. Il n'y a que la beauté, et la douceur. Précieuses, il ne les laisserait corrompre pour rien au monde. Il sera perdant, mais avec panache, de ceux qui se retirent parce qu'ils n'ont pas leur place et non parce qu'on les a rejetés.
Si les sentiments étaient un virus, il s'armerait d'une seringue, sûr de frapper au bon endroit. Si les sentiments étaient une passe d'armes, il donnerait jusqu'à ses dernières forces pour emporter la victoire. Si les sentiments étaient poésie, il redoublerait d'ardeur pour toucher, pour éblouir.
Mais l'alchimie est secrète, toujours approchée, jamais dévoilée.
Dès lors, il lui reste l'Espoir.
lundi 1 septembre 2008
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