mardi 25 août 2009

Mathieu

Envie de publier un petit texte écrit suite au départ en France d'un Ami...

Voici.

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Un pantalon ample et bariolé, un t-shirt à l’humour douteux, et un béret.
Si vous le croisez dans la rue, notre grand manouche, c’est cela que vous verrez en premier. Et de loin.

Si vous faites l’effort de vous approcher, vous sentirez probablement l’odeur caractéristique d’une clope roulée, ou plus si affinités. A condition, bien entendu, qu’il ait réussi à se procurer du feu… Mais ça n’a jamais été un problème pour lui. Ses poches sont remplies de briquets appartenant aux gens qu’il fréquente, prenez garde !

Encore quelques pas de plus, et vous pourrez discerner son visage. Le poil en pagaille, le bonhomme ne concède probablement pas à son rasoir une visite journalière. L’œil rieur, toujours ou presque. On dirait qu’il s’amuse de tout, et pour le moment, de vous. A moins, bien sûr, que ce ne soit le plaisir de vous voir qui anime ainsi son regard. Ca collerait parfaitement avec le sourire franc qu’il affiche, le plus souvent.

En admettant que vous fassiez l’effort de lui adresser la parole, tout inconnu que vous soyez, il y a peu de chances de vous faire remballer. Le manouche a le contact facile, faites-vous plaisir ! Vous entendrez peut-être qu’il n’est pas d’ici… Un léger accent, des expressions qu’on n’utilise pas au plat pays. Mais vous pouvez me croire, entre torchons et serviettes, nous, on s’en est plutôt bien sortis.

Difficile de dire, en fait, si c’est plutôt lui qui s’est intégré à notre petit univers, ou notre petit univers qui a cherché à l’amalgamer. Est-ce vraiment important ? De protestations sonores en petites soirées d’anniversaires, d’échanges de service en moments partagés, le manouche a creusé son trou pour faire partie du décor. Il teste à grandeur nature ce qu’il avait déjà fait autour d’une table, et accroche. Il développe des affinités avec plus de monde, pour qu’on ne songe plus vraiment à organiser quelque chose sans lui. Manœuvre réussie, matelot, on a le vent en poupe !

La tempête en milieu de parcours n’aura pas détérioré ses relations nouvelles. On pourrait même dire, dans certains cas, qu’elles se sont renforcées, élargies pour couvrir des champs nouveaux, plus intimes, plus profonds. Si c’est au gré des joies qu’on se forge les meilleurs souvenirs de ses amis, c’est au plus fort des peines que se développent la complicité, le partage et, somme toute, la confiance de l’amitié.

Aujourd’hui, notre manouche, c’est un frère. A qui on peut parler des choses les plus futiles comme les plus profondes. Avec qui il n’est pas une soirée sans éclat de rire, sans soupir lié au plaisir d’être vautré dans un fauteuil, sans plus se soucier de rien. Un frère d’armes aussi, car même s’il ne maîtrise pas encore bien la technique, il possède l’instinct et peut se fondre dans la meute et faire honneur aux Querelleurs. Pour notre plus grand plaisir.
Et s’il s’éloigne de notre jolie capitale, il ne s’éloigne pas de nos cœurs de grands bourrus.

Alors bon vent, vieux frère… On va pas refaire la chanson, mais c’est sûr, ça n’est qu’un au revoir. Sois toujours le bienvenu chez nous, Mathieu !

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