Des hauts et des bas. La vie est ainsi faite, à trop se laisser porter par ses ressentis, on ne peut que se manger des murs, et de plein fouet, s'il vous plaît. Le problème, c'est qu'au bout de quelques murs, les dents commencent à protester. Ca fait mal, et en plus, ca sert à rien. Alors, on commence à sombrer dans la lassitude, on se demande bien pourquoi on est condamné à refaire systématiquement les mêmes erreurs, simplement sous prétexte qu'on vit à l'instinct, et que l'instinct, ça a la fâcheuse tendance à toujours tirer dans la même direction.
Seulement, parfois, vous trouvez un vieil ami, plutôt un frère à ce niveau-là, et vous vous dites : chouette, je vais pouvoir me plaindre. Ce qu'il y a de bien avec les vieux amis, du moins ceux qui vous connaissent par cœur, c'est qu'ils savent qu'il faut laisser venir. Raisonner c'est bien, mais pouvoir grogner, c'est mieux. Il y a un temps pour tout, et ce temps là, il est pour vous.
Alors on se plaint, on vide son sac, on maudit ciel et terre, et l'ami tient bon. Il vous renvoie à vous-mêmes, provoque les chemins de traverse, esquisse les vraies raisons qui vous motivent.
Il suffit d'attendre que le sac soit vide pour qu'on commence à ouvrir les yeux. Et là, on peut réfléchir. Penser au fait que finalement, ces murs qu'on se prend, c'est simplement une vue de l'esprit, un chemin qu'on se ferme parce qu'on ne voit pas à quel point il est ouvert. Pourquoi le désir, la recherche d'une chose qui vous échappe serait-elle uniquement négative? Pourquoi ne pas en faire un principe en soi, une fois accepté le fait qu'il n'y aura probablement rien au bout du voyage? Facile à penser quand on a l'esprit apaisé. Beaucoup plus complexe quand la densité de l'obscurité est trop forte. Encore une fois, c'est l'ami qui balaie, ou plutôt qui vous fait balayer, en allant au bout des raisonnements, en vous poussant à remettre en question les principes-mêmes de vos actions.
Oui, j'ai envie. Non, je ne désire pas cette fin plutôt que celle-là. Et si un secret espoir existe, hé bien, qu'il se vive ou non, je ne l'attendrai pas pour continuer à vivre mais j'attendrai de voir si la tentation se fait force ou non.
Reste à apprendre le pire, ou le meilleur. Tirer sa révérence est un art difficile à maîtriser quand on se jette à corps perdu dans la bataille. Pourquoi se retirer lorsqu'il reste encore de quoi brûler la terre entière de sa force d'âme? Peut-être apprendrais-je un jour.
En attendant, le Gémeaux actif a repris le pas sur le Gémeaux passif. D'un lancer de pièce, le pile s'est transformé en face, et la route paraît à nouveau délicieuse à parcourir.
La main reste tendue. Non qu'elle n'ait rien de mieux à faire. Non qu'elle ignore la cruelle probabilité de la vanité du geste. Mais elle s'en fiche. Qu'a-t-elle à y perdre? Elle aura fait rêver, et aura rêvé elle-même. Et en soi, c'est déjà une réussite.
mercredi 4 février 2009
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4 commentaires:
j'adhère !
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et je ne sais pas comment mettre fin à l'expression de mon adhésion d'ailleurs ...
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